3 questions à Merieme Chadid
Par Eric MARTIN, jeudi 1 décembre 2005 à 01:13 :: Articles :: #104 :: rss
Elle a 35 ans, et la tête dans les étoiles… Astronome, Merieme Chadid partira en décembre pour l’Antarctique. Elle nous parle de sa passion : l’astronomie.
Myriam Jebbor
FDM : Quel est votre parcours ? Merieme Chadid : J’ai obtenu mon diplôme d’études approfondies sur l’imagerie en Sciences à Nice puis commencé ma vie de chercheur en Astronomie. J’ai passé trois années à l’Observatoire de Haute-Provence qui réunit les plus grands télescopes de France. Dans ce lieu complètement isolé, j’étais en contact permanent avec les étoiles et sous les coupoles. Juste après, j’ai passé trois années en tant que Chercheur-Ingénieur au CNRS. Ensuite, “l’European Southern Observatory� m’a sélectionnée pour une mission de quatre ans dans le désert d’Atacama du Chili. C’est un désert très aride où sont placés les VLT, “very large telescopes�, soit les plus grands télescopes du monde. C’était des conditions extrêmes, et je peux vous dire qu’il n’y avait pas beaucoup de femmes sur le site ! Et aujourd’hui, je suis astronome à l’Observatoire de la Côte d’Azur et Enseignante en astronomie.
Comment est née votre fascination pour l’astronomie ? Elle est venue dès l’enfance, comme un rêve, une fascination. Je me souviens que mon frère m’avait offert un livre sur la gravitation universelle de Kepler. Plus tard, j’ai écouté une émission à la radio marocaine faite par Albert Pilot, grand amateur d’astronomie. Je l’ai contacté et il m’a poussée dans cette direction.
En quoi consiste votre prochaine mission ? Je suis engagée dans une opération qui consiste à installer un grand observatoire astronomique au Dome C, situé en plein continent Antarctique. Il s’agit d’un lieu unique où règnent des conditions de froid extrême (entre -30 et° -40° en été et -60° et -80° en hiver), d’isolement, et où c’est la nuit plusieurs mois de l’année. Il devient alors possible d’observer les astres de manière continue. Il n’y a aucune âme qui vive à plus de 1.000 kilomètres à la ronde. L’endroit est situé à 3.200 mètres d’altitude, mais les conditions atmosphériques font comme si on était à 4.000 mètres. Avant d’installer un observatoire dans un tel environnement qui ressemble à une mission spatiale, il faut vérifier tous les paramètres atmosphériques (turbulence, transparence, scintillation, aurores, etc). C’est dans ce but que j’ai été sélectionnée, pour cette mission qui durera trois mois. Je suis heureuse d’être la première femme chercheur qui se rend dans ce lieu si inaccessible.

Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.