Le Maroc a mis en place une stratégie nationale migratoire pour endiguer le phénomène d'immigration clandestine, qui privilégie une démarche de proximité et de prévention.

    Les efforts du Maroc en ce qui concerne la lutte contre les  flux migratoires clandestins se sont soldés par une baisse de 40%  des tentatives de pénétration aussi bien vers les Canaries que  vers la péninsule Ibérique. "Toutes les actions entreprises par  le Maroc en matière de lutte contre l'immigration clandestine ont  été financées grâce à ses propres moyens sans aucune aide  étrangère. Nous n'avons même pas reçu un euro de l'Union  européenne (UE) durant les dix dernières années pour la lutte  contre les mafias de l'immigration clandestine", a indiqué le  ministre marocain délégué aux Affaires étrangères, Fassi Fihri.
    Au cours des dix premiers mois de cette année, 380 réseaux  actifs en matière d'immigration clandestine ont été démantelés par les services de sécurité marocains, grâce à une collaboration  étroite avec les autorités espagnoles, outre le rapatriement  d'environ 3 600 clandestins originaires des pays de l'Afrique  subsaharienne à travers 22 vols financés par le Maroc. Cette  opération qui porte également sur l'hébergement des clandestins et leurs soins dans le cadre des efforts visant la préservation de la dignité humaine, a coûté au Maroc environ 100 millions d'euros.
    Par ailleurs, dans le cadre de l'immigration clandestine en  Espagne, la filière marocaine représente seulement 5% du total et  dans ce chiffre seuls 2% des migrations clandestines peuvent être  attribués à des sujets marocains.
    Le Maroc fait tout son possible pour résoudre le problème des  flux des émigrants clandestins, a affirmé le 10 novembre dernier  le président de la commission des Nations Unies sur la Science et  la Technologie pour le développement, Pedro Sebastiao Teta. "Il ne faut donc pas l'accuser, car la responsabilité est partagée", a-t- il souligné.
    Les derniers événements de l'assaut des clôtures de Ceuta et  Melilla, deux enclaves espagnoles dans le nord marocain, par des  Subsahariens, ont entraîné accusations et critiques contre le  Maroc. C'est ce pays qui se trouve tout seul face à un problème  humanitaire de grande ampleur et son image est sérieusement ternie. Le Maroc est accusé à tort et à travers par les organisations  humanitaires pour sa gestion maladroite de l'immigration  clandestine.
    L'immigration clandestine à travers la Méditerranée ne peut  être le problème du Maroc seul, ni un problème maroco-espagnol, ni un problème africain, mais un problème régional. L'aide de l'UE  est "nécessaire" pour soutenir la lutte maroco-espagnole contre  l'immigration clandestine, a déclaré le 26 octobre dernier le  Premier ministre espagnol José Luis Zapatero, qui a également  appelé au renforcement de la solidarité avec les pays de transit  de migrants comme le Maroc, un pays aux capacités très limitées en comparaison avec les sociétés développées de l'UE.
    La responsabilité de combattre l'immigration clandestine est  partagée tant par les pays émetteurs, de transit que d'accueil, a  affirmé Mme Benita Ferrero-Waldner, la commissaire européenne  chargée des Relations extérieures et de la politique européenne de voisinage. "C'est une responsabilité partagée" entre, d'une part,  le Maroc et les autres pays de la région du Maghreb et du sud du  Sahara et, d'autre part, entre l'Espagne et l'ensemble des pays de l'Union européenne (UE), a précisé Mme Ferrero-Waldner. S'agissant des 40 millions d'euros prévus par l'UE pour aider le Maroc à  lutter contre les migrations clandestines, la partie européenne a  précisé que le déblocage de ces fonds a subi un certain retard  technique.
    Le président de la Chambre des Représentants du parlement  marocain, Abdelouahed Radi, a affirmé qu'il faut "s'attaquer aux  sources de l'immigration illégale, en premier lieu à travers  l'éradication de la pauvreté, du chômage et la garantie du  développement pourvoyeur de postes d'emplois dans les pays  d'origine". Le dialogue entre l'UE, les pays du Maghreb et les  pays subsahariens est indispensable pour parvenir aux meilleurs  moyens de traiter l'immigration clandestine dans le cadre d'une  approche globale, qui dépasse l'approche sécuritaire étriquée,  pour aller vers une approche qui approfondit le partenariat pour  le développement et la prospérité partagée, a-t-il souligné.
    Le sommet Euromed de Barcelone, qui s'est déroulé les 27 et 28 novembre derniers, a adopté un partenariat euro-méditerranéen dans la lutte contre l'immigration clandestine, et a décidé d'organiser une conférence ministérielle euro-africaine sur l'émigration, qui  devrait être organisée le printemps prochain au Maroc, réunissant  les pays concernés, d'origine, de transit et de destination, dans  le but de dégager une approche commune et d'envisager des  solutions appropriées et novatrices pour cette immigration  clandestine.
    L'immigration n'est, en fait, ni un choix libre des Africains, ni la faute d'une Afrique pauvre, mais l'une des tragiques  conséquences de l'histoire humaine et de l'injustice de l'ordre  économique mondial envers les pays du Sud.
    Réduire les écarts du développement entre le nord et le sud de la Méditerranée constitue notamment un défi décisif et urgent, a  souligné le gouvernement marocain, qui prône toujours une approche globale du phénomène de l'immigration. Fin