Pour donner une vraie consistance à ses efforts déployés entre 2001-2005, le Maroc a élaboré une charte nationale contre ce fléau qui a été signée entre le ministère, les responsables des chaînes de télévision, de radio et la Fédération des éditeurs des journaux, pour développer les réflexes et la culture de prévention chez les citoyens contre le risque imminent de cette maladie mortelle, a souligné M. Biadillah, lors d’une rencontre avec la presse à Casablanca, organisée par son département en collaboration avec le groupe thématique ONU/SIDA, et consacrée aux progrès réalisés par le Maroc dans ce domaine, dans le cadre de la ³Journée mondiale de lutte contre le SIDA², célébrée le 1er décembre. Les actions thérapeutiques et préventives structurées mises en ¦uvre par les autorités sanitaires, entre 2001-2005, sont en cours d’élaboration dans un rapport détaillé qui sera soumis l’ONU à la fin de l’année en cours. Ce rapport qui concerne toutes les villes et régions du Royaume a reçu l’appui du représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, M. Ben Ammar qui a tenu à mettre en valeur l’expérience pionnière du Maroc dans cette guerre ³impitoyable² menée par les pouvoirs publics et les acteurs associatifs largement impliqués dans ce combat contre la propagation de cette épidémie. Pour ce responsable et expert onusien, invité à cette rencontre, le Maroc se distingue de façon irréfutable par les expériences remarquables qui ont été concrètement réalisées dans ce domaine grâce plus particulièrement au haut niveau de responsabilité et à une politique sanitaire sagement structurée dans un plan stratégique pour les maladies sexuellement transmissibles et une prise en charge de la population atteinte par cette épidémie. M. Ben Ammar a estimé que l’expérience sanitaire marocaine mérite d’être un modèle à reconnaître et à suivre par les pays de la région. La campagne de communication sociale mise au point par les experts du ministère repose sur quatre phases. La première est consacrée à la sensibilisation et à la prise de conscience. La deuxième est concentrée sur l’information sur les modes de transmission et de prévention.

Entre stratégie et programme

Les troisième et quatrième volets de cette campagne (2004-2005) sont réservés à la lutte contre la stigmatisation, la discrimination et la promotion des services de dépistage anonyme et gratuit. Dans le sillage de cette campagne guidée par le principe ³il vaut mieux prévenir que guérir², 410.000 jeunes/femmes et 32.000 groupes vulnérables ont été éduqués et sensibilisés en 2005. Cette démarche éducative s’est déroulée dans le cadre de l’extension des centres de dépistage gratuit et anonyme à plusieurs villes du pays. La stratégie nationale pour le diagnostic et la prise en charge des cas d’infection au VIH/Sida, développée en 1998, a été revue et révisée dans ses aspects organisationnels et techniques, dans le cadre d’une nouvelle politique des prix de médicaments antirétroviraux qui ont connu à leur tour une baisse sensible. Un programme d’éducation thérapeutique pour améliorer la confiance des malades aux traitements antirétroviraux a été mis en place avec l’appui des ONGs qui assurent aussi la prise en charge psychosociale. Selon les chiffres du ministère de la santé, 1.120 malades ont été diagnostiqués et traités gratuitement par les antirétroviraux, dans le cadre de ce programme, en 2005. Dans le cadre de cette stratégie participative et de proximité, le ministère a également décidé de renforcer la décentralisation de la prise en charge des personnes touchées au niveau régional, la prise en charge des enfants affectés, la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant et la prise en charge psychosociale des personnes vivant avec cette maladie, en collaboration avec les ONGs et les départements concernés. En 2005, entre 16.000 à 20.000 personnes touchées par cette épidémie ont été recensées au niveau national. Si les experts de l’OMS sont plus ou moins optimistes de voir la courbe des infections chez les adultes en baisse dans quelques pays, notamment au Kenya, au Zimbabwe et dans certains pays des caraïbes, ils ne peuvent pas s’empêcher de constater une expansion de l’épidémie, estimant que le nombre de personnes vivant avec le VIH a atteint, en 2005, le seuil de 40,3 millions, dont près de la moitié sont des femmes. Ce chiffre alarmant signifie pour les experts que le temps est venu de reconnaître qu’en dépit des succès remportés dans certains domaines, l’action menée n’est toujours pas à la mesure de l’épidémie. Pour eux, le temps est également venu d’admettre que, si l’humanité veut réaliser l’objectif du millénaire pour le développement consistant, d’ici 2015, à stopper la propagation du VIH/SIDA et commencer à inverser la tendance actuelle, elle doit absolument redoubler d’efforts.