Au hammam, tout est luxe, calme et volupté
Par Eric MARTIN, jeudi 5 janvier 2006 à 21:51 :: Articles :: #212 :: rss

Venu d’Orient, le traditionnel bain de vapeur-gommage-massage est devenu un havre de paix à recommander aux citadins stressés. Un savoir-faire qui se paie parfois très cher.
par Agnès Severin
Challenges.fr | 05.01.2006
C ’est un voyage à Marrakech sans billet d’avion », annonce Wafaa la Marocaine dans les escaliers qui mènent aux Bains Montorgueil : un petit paradis oriental en plein Paris. Bain de vapeur sur fond de mosaïques, gommage et massage prodigués selon la tradition du Maghreb : pour contrer le stress, la mode est au rituel marocain. « Le gommage, c’est anti-âge, anti-fatigue, anti-tout », résume Wafaa.
Temple de VIP
Formule ancestrale remise au goût du jour, ambiance riad : le hammam est tendance. Les clients de l’hôtel Costes, temple des VIP à deux pas des Tuileries, se ruent depuis huit ans sur ses deux petits hammams bleu nuit, dans un écrin second Empire très cosy. L’abonnement est à 3 000 euros l’année, avec une liste d’attente de trois mois. Au Ken Club, salle de sport à la mode dans les années 80, c’est la présence de Nabila qui fait courir les people depuis deux ans et demi. Son gommage, décapant, laisse une peau de bébé. Et son massage est l’un des plus relaxants de la capitale. Emmanuelle Béart ou le président de la Cour des comptes, Philippe Séguin, doivent la réserver dix jours à l’avance. Pour leur mariage, les princesses saoudiennes l’embarquent carrément dans leurs bagages.
Yasmina Zerroug, elle, s’est faite chef d’entreprise. Elle utilise ses deux centres esthétiques comme vitrine pour ses cosmétiques maison, 100 % naturels. Et la liste des distributeurs de la marque Charme d’Orient compte les meilleurs hammams de la planète.
En France, ces lieux de prestige sont la garantie d’une atmosphère dépaysante et raffinée, et d’un personnel formé pour faire partager une culture. Parmi eux : Lyon Plage, Les Bories à Gordes dans le Vaucluse, Les Balnéades à Olivet-sur-Ardon dans le Loiret, le Club Med de Méribel ou l’hôtel Royal d’Evian.
Moderne et traditionnel
« Les centres de thalasso se sont mis à l’heure du hammam pour renouveler leur image. Certains ont tout cassé pour créer de somptueux hammams », note Yasmina. Exemples : Largane à Saint-Malo, Aquensis à Bagnères-de-Bigorre, Les Perles d’El Beya à Aix-les-Bains, les Thermes marins de Saint-Jean-de-Monts, ou encore les thalassos d’Amnéville-les-Thermes, en Moselle.
Deux chaînes commencent, elles aussi, à s’étendre en France et à l’étranger : les Cinq Mondes et les Spas by Accor Thalassa . Créés il y a un an, ces derniers abritent des hammams contemporains, mais qui restent fidèles à la tradition orientale. Après une dizaine d’hôtels à l’étranger, au Touquet et à Vichy, les spas des Sofitel de Biarritz et de Paris ouvriront leurs portes cette année. Ce type de référence n’est pas inutile face à la multiplication d’établissements qui ne correspondent plus à l’image qu’on attend d’un spa. Ainsi, la mosquée de Paris risque de décevoir l’amateur d’exotisme chic. La vapeur y sent plus le renfermé que l’eucalyptus. On l’aura compris : mieux vaut miser sur les enseignes haut de gamme. Ou sur les adresses de quartier échangées entre bonnes copines. Pour « C’est comme un rituel de purification » Gilbert Sinoué, écrivain
En Egypte, où j’ai passé mon enfance, j’ai connu un hammam exceptionnel. Mais mon plus beau souvenir reste Istanbul, où je suis allé pendant les vacances. Je me suis offert un hammam remarquable. Cette vapeur qui vous enveloppe et dans laquelle on semble baigner : c’est une sensation extraordinaire, comme d’être sur un nuage. Jouissif : on n’est plus dans le monde contemporain. J’ai eu l’impression de me retrouver dans l’Istanbul du xvie siècle. C’est un rituel de purification, y compris intérieure, c’est curieux. Du fait de la température, on retrouve le contact avec son corps. » Contre « J’ai peur d’étouffer très vite » Daniel Arsand, éditeur chez Phébus, prix Fémina du premier roman en 1998
Cela ne m’a jamais traversé l’esprit, peut-être pour une raison idiote : je ne supporte pas du tout les endroits où il fait très chaud, j’ai peur d’étouffer très vite. En fait, j’ai un petit souffle au cœur et je me méfie des conséquences que le hammam pourrait avoir pour moi. L’idée du massage, elle, ne me rebute pas totalement, mais je n’aime pas trop. Dans cette réticence, il y a aussi une chose qui a trait à la pudeur. Je serais plus sensible à l’esthétique des lieux : le côté oriental est tentant. Je suis originaire du bassin méditerranéen, mon père était arménien. »
C ’est un voyage à Marrakech sans billet d’avion », annonce Wafaa la Marocaine dans les escaliers qui mènent aux Bains Montorgueil : un petit paradis oriental en plein Paris. Bain de vapeur sur fond de mosaïques, gommage et massage prodigués selon la tradition du Maghreb : pour contrer le stress, la mode est au rituel marocain. « Le gommage, c’est anti-âge, anti-fatigue, anti-tout », résume Wafaa.
Temple de VIP
Formule ancestrale remise au goût du jour, ambiance riad : le hammam est tendance. Les clients de l’hôtel Costes, temple des VIP à deux pas des Tuileries, se ruent depuis huit ans sur ses deux petits hammams bleu nuit, dans un écrin second Empire très cosy. L’abonnement est à 3 000 euros l’année, avec une liste d’attente de trois mois. Au Ken Club, salle de sport à la mode dans les années 80, c’est la présence de Nabila qui fait courir les people depuis deux ans et demi. Son gommage, décapant, laisse une peau de bébé.
Et son massage est l’un des plus relaxants de la capitale. Emmanuelle Béart ou le président de la Cour des comptes, Philippe Séguin, doivent la réserver dix jours à l’avance. Pour leur mariage, les princesses saoudiennes l’embarquent carrément dans leurs bagages.
Yasmina Zerroug, elle, s’est faite chef d’entreprise. Elle utilise ses deux centres esthétiques comme vitrine pour ses cosmétiques maison, 100 % naturels. Et la liste des distributeurs de la marque Charme d’Orient compte les meilleurs hammams de la planète.
En France, ces lieux de prestige sont la garantie d’une atmosphère dépaysante et raffinée, et d’un personnel formé pour faire partager une culture. Parmi eux : Lyon Plage, Les Bories à Gordes dans le Vaucluse, Les Balnéades à Olivet-sur-Ardon dans le Loiret, le Club Med de Méribel ou l’hôtel Royal d’Evian.
Moderne et traditionnel
« Les centres de thalasso se sont mis à l’heure du hammam pour renouveler leur image. Certains ont tout cassé pour créer de somptueux hammams », note Yasmina. Exemples : Largane à Saint-Malo, Aquensis à Bagnères-de-Bigorre, Les Perles d’El Beya à Aix-les-Bains, les Thermes marins de Saint-Jean-de-Monts, ou encore les thalassos d’Amnéville-les-Thermes, en Moselle.
Deux chaînes commencent, elles aussi, à s’étendre en France et à l’étranger : les Cinq Mondes et les Spas by Accor Thalassa . Créés il y a un an, ces derniers abritent des hammams contemporains, mais qui restent fidèles à la tradition orientale. Après une dizaine d’hôtels à l’étranger, au Touquet et à Vichy, les spas des Sofitel de Biarritz et de Paris ouvriront leurs portes cette année. Ce type de référence n’est pas inutile face à la multiplication d’établissements qui ne correspondent plus à l’image qu’on attend d’un spa. Ainsi, la mosquée de Paris risque de décevoir l’amateur d’exotisme chic. La vapeur y sent plus le renfermé que l’eucalyptus. On l’aura compris : mieux vaut miser sur les enseignes haut de gamme. Ou sur les adresses de quartier échangées entre bonnes copines. Pour « C’est comme un rituel de purification » Gilbert Sinoué, écrivain
En Egypte, où j’ai passé mon enfance, j’ai connu un hammam exceptionnel. Mais mon plus beau souvenir reste Istanbul, où je suis allé pendant les vacances. Je me suis offert un hammam remarquable. Cette vapeur qui vous enveloppe et dans laquelle on semble baigner : c’est une sensation extraordinaire, comme d’être sur un nuage. Jouissif : on n’est plus dans le monde contemporain. J’ai eu l’impression de me retrouver dans l’Istanbul du xvie siècle. C’est un rituel de purification, y compris intérieure, c’est curieux. Du fait de la température, on retrouve le contact avec son corps. » Contre « J’ai peur d’étouffer très vite » Daniel Arsand, éditeur chez Phébus, prix Fémina du premier roman en 1998
Cela ne m’a jamais traversé l’esprit, peut-être pour une raison idiote : je ne supporte pas du tout les endroits où il fait très chaud, j’ai peur d’étouffer très vite. En fait, j’ai un petit souffle au cœur et je me méfie des conséquences que le hammam pourrait avoir pour moi. L’idée du massage, elle, ne me rebute pas totalement, mais je n’aime pas trop. Dans cette réticence, il y a aussi une chose qui a trait à la pudeur. Je serais plus sensible à l’esthétique des lieux : le côté oriental est tentant. Je suis originaire du bassin méditerranéen, mon père était arménien. »

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