Marais de la palmeraie de Marrakech : Un patrimoine à sauvegarder
Par Eric MARTIN, lundi 30 janvier 2006 à 17:46 :: Articles :: #235 :: rss

L'association «Amal Circuit de la Palmeraie de Marrakech» lance un appel pour la sauvegarde du marais de la palmeraie de la ville, appelé communément «Ouljat de Tensift», qui a été «toujours intimement lié à la vie sociale et économique de la cité ocre».
Dans un communiqué, cette association affirme, sans ambages, que ce marais qui constitue un Site d'intérêt biologique et écologique (Sibe) et qui occupe 250 ha, est actuellement menacé et subit inéluctablement les influences néfastes engendrées par «la réduction de la surface de sa zone humide, l'augmentation des zones cultivées à son voisinage immédiat et l'avancée des constructions des nouveaux quartiers nord de Marrakech».
Cette menace qui pèse comme «une épée de Damoclès» sur ce marais, explique en substance le communiqué, est le résultat de tout un mélange de plusieurs facteurs dont «la sécheresse, la baisse du niveau de la nappe phréatique, l¹urbanisation galopante, le surpâturage, le défrichement, la mise en culture de grandes surfaces dans la zone humide de ce Sibe, le braconnage ainsi que l'exploitation abusive des produits de la palmeraie» qui s'étend, avec ses 100.000 pieds, sur environ 15.000 ha. Cette association tire ainsi la sonnette d¹alarme et préconise toute une série de mesures à prendre pour la sauvegarde de ce site qui, outre son rôle socio-économique, offre une diversité d¹habitats pour une flore et une faune très riches. Le document fait remarquer que plus de 110 espèces végétales sauvages poussent dans ce marais où cohabitent quelque 90 espèces de vertébrés (amphibiens, reptiles, oiseaux et mammifères) et une centaine d¹espèces arthropodes. La coqueluche de ce marais est la cigogne, l'un des grands oiseaux les plus familiers et les plus respectés au Maroc. Entre l'hiver et le printemps derniers, quelque 150 nids ont été dénombrés dans ce site.
Patrimoine humide prioritaire
Dans son plaidoyer en faveur de ce marais, cette association insiste sur la nécessité d¹»inscrire ce site comme patrimoine humide prioritaire de Marrakech, de délimiter et assainir son assiette foncière, d¹établir un plan d¹aménagement et de sauvegarde de ce marais dans le cadre de la stratégie nationale des aires protégées et de décréter sa zone et les zones environnantes comme espace non constructible». L'association plaide également pour la promotion des programmes d¹éducation environnementale et de sensibilisation, la valorisation des potentialités patrimoniales du site en écotourisme et en artisanat en mettant l'accent sur l¹établissement de circuits éducatifs et la réalisation d¹études complémentaires pour l'installation d¹un sanctuaire de préservation de la biodiversité du marais. Les solutions proposées par l¹association comportent, en outre, la création d¹une agence ou d¹un espace associatif pour la sauvegarde de la palmeraie, la lutte contre la pollution et le braconnage ainsi que l'interdiction des dépôts d'ordures et de gravats et l'alimentation régulière du site en eau par le biais du traitement d'une partie des eaux usées de la ville.

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